Escale dans la jungle du Taman Negara

Le départ des Cameron Highlands est prévu à 8h devant l’hôtel. Après un réveil bien matinal, nous sommes devant l’hôtel à 7h45 à attendre le minivan qui n’arrivera qu’à 8h30 après avoir fait la tournée des guesthouses, alors que l’agence qui nous a vendu les tickets nous avait dit qu’on serait les 1ers. C’est que ce n’est pas notre 1er trajet en minivan et on commence à savoir quelles places occuper pour passer un semblant de bon trajet… Au final, après une réorganisation des 2 minivans de l’agence, nous nous retrouvons sur le 1er rang que l’on convoitait. C’est parti pour un trajet de 3h de bus (au lieu des 4 annoncées) après quoi nous arrivons au départ du bateau, où l’on retrouve une organisation digne de rendre fou les plus organisés d’entre nous : on commence par nous demander de faire la queue mais on ne sait pas trop pourquoi sachant que nous avons déjà nos billets pour le bateau. Il s’avère qu’en fait c’est l’agence de tourisme du coin qui essaie de refiler toutes ses activités avant qu’on arrive sur site et qu’on se rende compte qu’il y a d’autres agences qui proposent la même chose parfois à moindre frais. Ensuite, compte-tenu de l’affluence, ils abandonnent cette stratégie et nous demandent juste de remplir un papier pour la demande de pass pour accéder au Parc Naturel du Taman Negara qu’il faut ensuite aller chercher de l’autre côté du parking à un comptoir caché (au cas où on le trouverait trop vite et qu’il y ait trop de monde en même temps certainement). Une fois le papier rempli, l’agence nous explique qu’on sera appelé par notre nom pour les bateaux de 13h/13h30. On a donc le temps de déjeuner au seul « restaurant » du coin, pas très bon mais ça fera l’affaire. 13h30 arrive et là autre changement de programme, on nous demande à tous (on est prêt d’une 50aine à attendre) de descendre pour prendre le bateau. Une fois en bas sur le ponton, contre-ordre : « arrêtez de descendre, le ponton va couler » ! Bref, comme on était dans les 1ers à être en bas, on finit assez vite par monter avec nos bagages à une dizaine sur le « bateau » , ou plutôt pirogue à moteur. Le trajet dure 2h30 environ et il faudra beaucoup de doigté à notre chauffeur pour éviter tous les bancs de sable ou troncs d’arbres qui affleurent l’eau. On dépasse tous les autres bateaux qui à un moment ou un autre s’ensablent, et quand les chauffeurs descendent pour débloquer les barques, on se rend compte que l’eau ne leur arrive qu’à mi-cuisse. Vu que la ville de Kuala Ratah est aussi accessible par bus, on ne comprend pas trop l’intérêt de nous y faire arriver en bateau si ce n’est pour la balade franchement sympa.

Arrivés à Kuala Ratah, nous faisons appeler notre guesthouse (Mat Leon Village) pour qu’ils viennent nous chercher. Vu le trajet, nous sommes bien contents de ne pas l’avoir fait à pied avec les sacs. Visiblement, on a choisi (par défaut une fois de plus) la guesthouse la plus éloignée du village et notre 1ère impression est mitigée. L’accueil est limite souriant, nous avons réservé un chalet pour 4 avec ventilo : il n’y a pas de fenêtres (enfin si mais pas vitrées) et nous donnons sur la jungle (bonjour petites bêtes…) et les volets ne ferment pas (sauf après un coup de main de notre hôte), les moustiquaires ne sont pas en très bon état, la salle de bain est… sommaire/vieillote/…, il n’y a pas d’eau chaude et ce n’est pas très propre. Les draps et serviettes fournis ne sont pas très récents et n’ont jamais du voir d’eau de Javel. Sur ce, nous décidons de descendre au village pour nous changer les idées, pour réserver le bus pour l’étape suivante et pour voir s’il n’y aurait pas une sortie qui nous tenterait pour le lendemain. D’après le responsable : 10 minutes à pied à travers la jungle (et n’oubliez pas la lampe torche pour revenir car la jungle n’est pas éclairée la nuit), nous mettrons 20 minutes mais la ballade nous permet de croiser de nombreux arbres fruitiers, une forêt d’hévéa (pour la récolte de caoutchouc) et quelques écureuils qui tentent de nous assommer à coups de coquilles de noix. Le village grouille de backpackers à la recherche d’une guesthouse et ce sera peut-être le moment le plus animé du village que nous verrons. Nous finissons par nous arrêter à une agence où la responsable (une hollandaise manifestement) est en train d’expliquer que cela ne sert à rien de passer par son agence pour aller faire un tour dans la jungle car il y a plein de chemins très bien balisés : ok nous nous passerons d’elle donc ! Et pour le bus, « revenez demain, on a le temps ! » : il se trouve que le lendemain nous trouverons porte close et donc que nous nous adresserons à sa concurrente voisine… De retour à la guesthouse, c’est l’heure de dîner et enfin un bon point : la salle commune (enfin chez nous on appelle ça un préau quand y’a pas de murs, non ?) est très agréable, il n’y pas trop d’insectes grâce à la chauve-souris qui passe dîner en même temps que nous et nous mangeons très bien pour rien du tout. Après avoir fait connaissance avec le crapaud qui habite notre salle de bain (ça surprend quand même quand on ne s’y attend pas…), la nuit se passe plutôt agréablement aux sons des cigales, lézards et autres bestioles de la jungle environnante.

Le lendemain, après avoir sauvé un lézard coincé dans la cuvette des WC, nous partons en quête de billets de bus pour Kuala Besut (départ des bateaux pour les îles Perhentian, notre prochaine étape) au lieu de Kotha Baru notre choix initial. La guesthouse n’ayant pas de WiFi, ce n’est pas évident pour gérer le changement de programme mais l’agence où nous prenons nos billets de bus nous est d’une grande aide et nous arrivons à annuler la chambre initialement réservée, à en réserver une autre et à acheter nos billets de bus. L’heure de déjeuner arrive et nous déjeunons sur les restaurants flottants qui longent le village. Le repas n’est pas fameux mais nous n’en avons pas pour cher et la vue vaut le coup et, grâce à la rivière, la chaleur n’est pas accablante. Nous nous décidons enfin ensuite à approcher la jungle qui fait la renommée de ce parc national et surtout à faire la balade qui nous mènera jusqu’à la Canopy Walkway : un tour sur des filets en haut des arbres, une sorte d’accrobranche à près de 45 m d’altitude. Nous avions vu que toutes les agences proposant cette promenade avec un guide la faisait le matin et pour éviter cette foule, nous avions décidé de la faire l’après-midi. Bien nous en a pris : nous étions quasiment seuls à marcher sur la canopée. En revanche, comme nous sommes arrivés à 14h45, nous avons du nous presser un peu, vu qu’elle ferme à 15h30. La balade quant à elle était plutôt agréable puisque les chemins sont balisés et nous ne marchons pas à même la terre mais sur des planches, ce qui facilite la marche, mais aussi les montées et descentes : pas de glissades dans la boue, juste des marches à monter ou à descendre. Nous découvrons une nouvelle sorte de lézards volants et admirons les arbres plus hauts les uns que les autres : on se sent tout petit au milieu de cette nature incroyable. De retour à la guesthouse, c’est un repos bien mérité qui nous attend et le même repas que la veille. Au moment d’éteindre les feux, une pluie torrentielle s’abat sur notre cabanon et même si nous doutons un peu de son étanchéité, nous resterons finalement bien au sec. Par contre, quel vacarme, le toit étant en tôle, le moindre bruit est amplifié et on ne s’entend plus parler à l’intérieur.

Le lendemain, nous ne sommes pas très courageux pour affronter la jungle qui a pris l’eau une partie de la nuit. Après une session travail pour Clément et photos pour Alex, nous décollons tard pour aller déjeuner au bord de l’eau. S’ensuit une « petite » balade dans la jungle sur des chemins toujours aussi praticables et une rencontre avec la faune locale : des singes qui se réveillent de leur sieste et qui jouent de plus en plus près de nous. Nous sommes ravis de les voir enfin dans leur milieu naturel et pas avec un comportement modifié à cause du passage des touristes. Ils n’essaient pas de nous approcher et font comme si nous n’étions pas là. Nous rentrons cette fois sous la pluie en espérant qu’elle ne durera pas trop qu’on puisse d’endormir avec le bruit des insectes et animaux de la jungle et pas seulement le bruit de la pluie.

Cette étape dans le Taman Negara a été agréable car nous avons eu des soirées sympathiques à la guesthouse et les balades que nous avons faites étaient chouettes, mais pour nous c’était probablement une étape dans la jungle que nous aurions pu éviter, vu le parcours déjà effectué. La jungle reste de la jungle, quel que soit le pays dans lequel elle se trouve avec de la végétation dans tous les sens à des hauteurs parfois vertigineuses, des insectes et des petits animaux de partout, des fourmis plus grosses les unes que les autres. Elle est fascinante, mais également bien fatigante dès qu’il faut y pénétrer.

Quelques prix (4 RIM = 1€) :

  • Transfert Taman Negara (3h mini van + 2h30 bateau) : 60/25 RIM (adulte/enfant)
  • Entrée Canopy Walkway : 5/3 RIM (adulte/enfant)
  • Taxi pour traverser la rivière : 1 RIM par personne

3 comments to Escale dans la jungle du Taman Negara

Leave a Reply

  

  

  

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>