L’ile de Pâques et ses moais : tant attendue, un peu déçus

C’est avec un peu de tristesse que nous quittons la Polynésie, que nous avons tant appréciée, mais nous nous consolons vite en nous rappelant que nous allons à l’île de Pâques, une des destinations phares de notre voyage et tant enviée par de nombreux voyageurs. Pour rejoindre cette nouvelle destination, nous devons faire un dernier effort, car l’avion est programmé à 1h du matin, pour un vol de 5h et 5 heures de décalage (arrivée à 11h). En bref, la nuit ne devrait pas durer plus de 4h… La réalité : l’aéroport de Tahiti est celui où l’embarquement est le plus long que l’on ait eu (et ce quel que soit le vol et la destination),  même si heureusement nous passons en priorité avec Clément (les familles avec enfants d’abord, c’est comme ça !), et l’avion partira avec 1h de retard, histoire de nous faire comprendre que non, nous ne dormirons pas… Nous arrivons vers midi à l’île de Pâques, pas vraiment frais, où nous attend avec des colliers de fleurs (l‘île de Pâques fait partie de la Polynésie, donc même tradition) Marta, la gérante du camping Mihinoa où nous restons pour 6 nuits.

L’île de Pâques est l’une des îles les plus éloignées de toute autre terre habitée, avec à 4 050 km à l’ouest Papeete et 3 680 km à l’est Santiago, en plein milieu de l’océan Pacifique. L’île habitée la plus proche étant Pitcairns, à 2 000 km. Rattachée au Chili, 6 0000 personnes y vivent, et environ 70 000 touristes y viennent chaque année, la majorité transitant par Santiago puisqu’il y a des vols quotidiens entre les 2 villes, alors que seulement 2 vols par semaine partent de Tahiti. L’île fait toujours partie de la Polynésie, mais nous n’avons plus du tout l’impression d’y être car l’eau y est plus froide, la végétation est beaucoup moins luxuriante (la majorité de l’île étant constituée de coulées de lave où rien ne pousse), et les habitants sont plus typés sud-américains que maoris. La vie y est chère et l’eau est même plus chère que l’essence (1 600 peso la bouteille de 1,6 litres contre 810 peso le litre d’essence), et il est bien compliqué d’y faire ses courses (peu de produits dans des supérettes parfois cachées au fond de magasin d’outillage). Vu qu’aucun prix n’est affiché, les notes sont souvent gonflées pour les touristes, que ce soit pour l’alimentaire ou les souvenirs, n’hésitez pas à essayer de négocier surtout si vous parlez mieux espagnol que nous…  L’île est célèbre dans le monde entier pour ses statues centenaires, les moais, dont quelques uns subsistent sur le territoire. Beaucoup en bord de mer ont été couchés par un tsunami dans les années 60, mais quelques-uns ont été redressés depuis sur 4 ou 5 sites majeurs.

Le climat en novembre est généralement propice au tourisme, mais pour une fois nous n’aurons pas vraiment de chance de ce côté-là, puisque sur nos 5 jours de visite, 4 seront accaparés par de la grisaille et de la pluie, et 1 seul par du soleil (le dernier jour, ouf !).  Cela ne nous a pas empêché de visiter de long en large l’île (ce qui est tout de même assez raide, l’île formant un triangle rectangle d’environ 12 kms sur 14, on vous laisse calculer le 3ème côté, vous savez, le théorème de Pythagore, etc…), accompagnés la plupart du temps d’une autre famille française rencontrée sur le vol aller, Nicolas, Frédérique et leurs 3 enfants, au grand bonheur des petits et des grands ! Nous sommes ainsi passés jusqu’à 3 fois sur les sites majeurs, pour essayer d’avoir les meilleures conditions de lumière et ramener des souvenirs photographiques plus alléchants. Pour ce faire, nous avons finalement loué une voiture 4 jours durant, ce qui nous semble indispensable pour arpenter les quelques routes de l’île, surtout avec des enfants (voiture louée via le camping, moins chère qu’en ville).

Les principaux sites que nous avons visités sont les suivants :

  • Tahai : proche du centre-ville et de notre camping, le site ne nécessite pas d’avoir une voiture. Quelques moais plutôt abîmés sont alignés et s’y trouve également le seul avec des yeux. Le site est très prisé le soir car il s’agit du seul site de l’île permettant de prendre le coucher de soleil au travers des statues. Nous aurons de la chance le 4ème jour, seule fois où les nuages ont daigné laisser passer un peu le soleil couchant, et encore pas jusqu’au bout… Attention également car des meutes de chiens errants traînent sur le site, ce qui n’est pas très agréable quand ils commencent à vous entourer.
  • Puna Pau : il s’agit du site où ont été fabriqués les chapeaux des statues (les « Puka »), dans la roche rouge du volcan. Il n’y a franchement rien à voir donc si vous n’avez pas beaucoup de temps, n’hésitez pas à le zapper.
  • Ahu a Kivi : proche de Punau, c’est un alignement de 7 moais plutôt bien conservés mais sans chapeau, dans les terres contrairement aux autres sites en bord de mer. Pour les photos, ce n’est pas l’idéal car la végétation derrière les statues ne permet pas de les faire ressortir.
  • Anakena : à l’autre bout de l’île, c’est un site majeur à ne louper sous aucun prétexte. 7 moais entiers (ou presque) avec chapeau (quand la tête est encore là pour le soutenir) sont alignés, mais surtout ils sont devant la plage de sable blanc et l’océan joliment bleuté, l’idéal pour faire de jolies photos ! N’hésitez pas à prendre de la hauteur sur la colline d’en face pour avoir tous ces éléments sur une même photo, unique sur l’île ! L’endroit est également le seul à être parsemé de dizaines de cocotiers, contrastant totalement avec les paysages désertiques du reste de l’île.
  • Tongariki : autre site majeur, présentant le plus de moais alignés sur l’île. Il s’agit également du site où il est normalement possible de prendre le lever de soleil si vous vous levez tôt et qu’il fait beau, ce qui n’a donc même pas été envisageable pour nous vu les conditions météo.
  • Rano raraku : c’est LE site à voir sur l’île, puisqu’il s’agit de la carrière où ont été taillés les moais, à flanc de volcan. De très nombreuses statues sont encore sur le site, complètes ou partielles, enterrées ou non, parfois encore en cours de taille dans la roche. Après avoir marché sur le flanc du volcan, il faut passer à l’intérieur pour y découvrir un paysage bien différent (lac + joncs) et toujours quelques moais deci-delà. Le site est fantastique, c’est de loin le plus intéressant de l’île mais attention il faut montrer patte blanche à l’entrée (c’est-à-dire avoir acheté auparavant les tickets d’entrée au parc national).
  • Rano Kau : pas de moai sur ce site, mais un magnifique cratère au creux duquel se trouve un lac rempli de joncs. Proche de la ville, il est possible d’y monter à pied par un chemin de randonnée (environ 1h30 du camping) ou en voiture. Nous avons fait les 2 puisque nous y sommes passés 3 fois (2 avec la pluie, 1 avec enfin un peu de soleil). C’est au pied du sentier de randonnée que vous pouvez acheter les billets d’entrée au parc national, si vous ne l’avez pas fait à l’aéroport.
  • Orongo : en longeant le cratère Rano Kau (à pied ou en voiture), se trouve le village d’Orongo, 2ème site de l’île nécessitant les billets (pour tout le reste, pas besoin des billets). S’y trouvent des maisons (reconstituées) en pierre à flanc de volcan, et quelques explications sur le site (quasiment les seules de l’île). Honnêtement, on n’a pas trouvé cela très intéressant…
  • Akahanga : un site en bord de mer qu’on a bien aimé, car s’y trouvent à plusieurs endroits des moais couchés par le tsunami. La balade le long de la côte est très agréable et les enfants s’y sont bien amusés.
  • Ascension du volcan Puakatike (370 m) : peu prisée des touristes qui ne viennent généralement que quelques jours, la randonnée sur le 2ème sommet de l’île vaut pourtant vraiment le coup, surtout s’il fait beau. Les paysages sont superbes, avec en prime un tout petit moai blanc quasiment tout en haut. La vue du sommet permet d’admirer l’ensemble de l’ile, et surprise, le cratère est rempli d’arbres en tout genre dont des eucalyptus mais pas de koalas en vue. L’ascension à partir du flan ouest (Mahatua) nous a pris 2 bonnes heures avec les enfants (7, 6 et 3 ans), mais sans prendre la route directe. Il est également possible de faire le grand tour du volcan, mais prévoir 7 heures (et encore, c’est uniquement pour passer de l’autre côté, à Tongariki). Juste un conseil : évitez de croiser les vaches…
  • Te Pito Kura : site avec un moai renversé, surtout prisé pour sa « boule magnétique ». Les touristes viennent poser une boussole dessus, et celle-ci s’emballe. Du coup, tout le monde se prend en photo en train de toucher la boule, alors on s’est dit qu’on allait le faire aussi. Après tout, on est des touristes…
  • Papa Vaka : petit site présentant des pétroglyphes (dessins taillés dans la pierre). Bon, c’était franchement pas terrible (pour ne pas dire nul) car on ne voit quasiment rien à cause de l’érosion, et tous les panneaux explicatifs sont effacés.
  • Pu O Hiro : juste une pierre avec un trou sur le bord de la route, apparemment pour en sortir un son attirant les poissons mais la clôture nous empêche de nous approcher pour tester. Bof.

On ne va pas vous cacher que pour la première fois du voyage, on a été un peu déçu par une destination, sans réel coup de cœur. Probablement la faute à une météo capricieuse, souvent pluvieuse et grisâtre, et au fait que nous n’avons pas su ressentir l’aspect sacré et spirituel des sites visités. Les moais se ressemblent tous et ne sont finalement (selon notre ressenti) que des pierres posées sur le sol, de taille bien plus petite que ce que nous imaginions. L’île quant à elle est un désert volcanique où rien ne pousse, nous rappelant certains paysages islandais, mais assez monotones sur la durée. Nous devons payer des billets d’entrée au parc, assez chers, alors qu’aucun panneau n’est entretenu, il n’y a ainsi quasiment aucune explication sur les sites rencontrés, ce qui est très frustrant quand on n’a pas de guide. Le camping Mihinoa a certes une position exceptionnelle face à la mer, mais il n’est pas entretenu comme il le devrait, les gérants privilégiant apparemment l’agrandissement au maintien de l’existant. Les touristes sont pris pour des planches à billets avec des prix gonflés à la tête du client, normal qu’aucun prix ne soit affiché nulle part…

Malgré ce bilan rapide en demi-teinte, peut-être abaissé par tant de sites incroyables visités les mois précédents, nous avons passés de très bons moments sur cette île, notamment avec Nicolas, Frédérique et leurs enfants. Les sites de Rano Raraku et Rano Kau sont exceptionnels, uniques au monde, ainsi que la randonnée sur le volcan Puakatike. Les moais sont très photogéniques et on prend vite des dizaines de photos sous tous les angles possibles. Les chevaux et leurs poulains se baladent en liberté et chaque rencontre sur la route ou les sentiers de randonnée est du bonheur (la rencontre avec les vaches a été bien moins appréciée, quant au taureau…).

L’île de Pâques sous le soleil doit être fantastique, sous la pluie elle perd de ses couleurs et devient une île comme les autres, un peu fade. Ce n’est pas grave, on ne peut pas être à tous les coups gagnant sur la météo ! En quittant l’île, nous entamons nos 2 derniers mois de voyage, dans le continent sud-américain, pour un sprint final devant nous emmener de Santiago à Lima, en passant par la Patagonie. Vite, il faut arriver les premiers pour allumer la torche dans la capitale péruvienne !

Quelques prix / infos (5 000 pesos chiliens (PCH) = 7 euros environ) :

  • Location d’un 4×4 Jimny pour 24h : 30 000 PCH au camping, entre 40 et 45 000 en ville
  • Une empanada à emporter : entre 2 000 et 3 000 PCH selon les endroits
  • Entrée au parc national : 30 000 par adulte, 5 000 PCH par enfant de moins de 12 ans
  • Une nuit au camping Mihinoa : 5 500 PCH pp et par jour, matériel inclus (6 500 PCH si moins de 3 nuits) è 16 500 pour 3
  • Une bouteille d’eau 1,6L : 1 600 PCH (pour comparer : environ 750 PCH à Santiago)
  • 1 litre d’essence : 810 PCH
  • 1 litre de lait : 1 500 PCH
  • Une carte postale : 300 PCH
  • Un timbre pour la France : entre 500 et 620 PCH, selon les timbres en stock (oui ça marche comme ça la poste à l’île de Pâques !)
  • N’oubliez pas d’aller faire tamponner votre passeport au bureau de poste pour avoir le cachet avec les moais (la classe !). Normalement ils facturent 500 PCH par tampon, sauf si vous prenez des timbres en même temps et là ça devient gratuit…
  • 1 kg de bananes sur le marché : 2 500 PCH (pour comparer : entre 400 et 700 PCH à Santiago)
  • 1 kg de cerises sur le marché : 5 000 PCH (entre 500 et 1000 PCH à Santiago)
  • Spectacle de danse au Kari Kari : 15 000 PCH adulte, 5 000 PCH enfant

Et comme il n’y a jamais assez de photos dans nos articles, on en remet une couche !

2 comments to L’ile de Pâques et ses moais : tant attendue, un peu déçus

  • Amélie

    Bonjour!! J’ai découvert votre blog en préparant un voyage en famille en thailande, et , depuis, je suis vos aventures avec un grand intérêt! Bravo pour les photos qui sont splendides, merci pour ce beau voyage, quelle évasion!!! Profitez bien de tous ces moments précieux et inoubliables, ouvrez vos yeux, c’est un plaisir de vous lire et une sacrée source d’inspiration pour nos prochains voyages, vivement Lima!!! Bonne route a ts les 3, Amélie, de Lille!

    • Merci pour tous ces compliments !
      On est tombé amoureux de la Thaïlande dès qu’on est arrivé à Chiang Mai mais attention, nous n’avons faut que le Nord, beaucoup moins touristique et donc plus authentique.
      Notre arrivée à Lima signifiera la fin de notre aventure : on est pressé d’y être et en même temps pas du tout !
      Bon voyage !

Leave a Reply to Eloïse Cancel reply

  

  

  

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>