Quelques jours à Yogyakarta

Nous quittons à regret les îles Perhentian avec la certitude d’y revenir un jour. Notre départ se fait sans problème et nous enchaînons les moyens de transports : barque à moteur pour nous mener jusqu’au speed-boat, speed-boat jusqu’à Kuala Besut, taxi jusqu’à l’aéroport, avion jusqu’à Kuala Lumpur, avion jusqu’à Yogyakarta puis taxi jusqu’à la guesthouse. Malgré un timing serré tout s’est très bien enchaîné et nous arrivons vers 18h fatigués mais contents qu’il n’y ait pas eu d’accroc lors de cette longue journée.

Après nous être installés, nous partons pour ce qui sera un repas mémorable. Sur les conseils du personnel de l’hôtel, nous rejoignons la grande rue où soit disant il y a plein de restaurants. Nous n’en trouvons qu’un mais étant donné qu’il y a plusieurs tables occupées par des locaux et que nous ne voulons pas chercher des heures puisque fatigués, nous décidons d’y entrer. Après un moment d’hésitation, le menu n’étant qu’en indonésien et les photos ne donnant pas vraiment envie, nous commandons 3 plats différents de poisson. Les 2 premiers ne méritent pas de commentaires, ce n’était ni bon, ni mauvais, en revanche, le 3ème était un peu plus surprenant. Gule, de son petit nom, est arrivé sur la table sous la forme d’une grosse arête de poisson avec la tête baignant dans une sauce bien épicée. Et là gros problème : quoi manger puisqu’il n’y a pas de chair du tout sur l’arête ? Un peu comme si le plat avait été servi précédemment et qu’il nous avait été servi ensuite ! Après un fou rire général, on passe après le repas au mini-market voisin chercher de quoi composer un dessert réconfortant (qui s’avérera aussi mauvais que le repas. C’est pas le jour…). Notre 1er contact avec la nourriture locale n’est pas un franc succès mais nous ferons mieux plus tard (surtout avec une bonne pizza 4 fromages….).

Le lendemain, nous partons à la découverte de la ville. Nous tentons de rejoindre le centre historique lorsqu’un passant nous arrête pour nous renseigner. A priori, il se veut de bon conseil et nous arrête un becak (sorte de vélo poussant un carriole) qui nous emmènera directement dans une fabrique de batik (tissu peint typique d’Indonésie). Autant on ne s’était pas fait avoir en Thaïlande autant là on est tombé dans le panneau direct alors qu’on savait qu’ils avaient les mêmes pratiques. Pas grave, de toute façon on comptait y aller mais pas de cette manière là. Nous avons le droit à une courte explication sur la fabrication du tissu, puis on nous donne à chacun un petit carton avec tous les prix des toiles en vente dans la boutique. Nous nous laissons tenter puis repartons à la découverte de la ville. Nous sommes maintenant bien loin de l’endroit où nous comptions nous rendre et comme tout ferme extrêmement tôt (entre 14 et 15h), il sera trop tard pour y aller. Lors de cette journée franchement pas passionnante, nous aurons quand même visité le marché immense en centre-ville qui nous rappelle un peu les marchés couverts déjà visités auparavant mais avec des produits parfois bien différents. En revenant à l’hôtel, nous discutons avec une famille hollandaise et renseignements pris, nous savons maintenant comment nous allons organiser les jours suivants et surtout notre diner du soir ! Nous n’étions pas partis dans le bonne direction et grâce aux explications obtenues, nous rejoignons une rue « à touristes » mais pas dans l’excès où nous trouvons de quoi nous restaurer convenablement !

Pour notre 2ème journée à Yogyakarta, nous décidons de louer les services d’un becak à moteur cette fois (nous avons vraiment eu pitié du pauvre homme qui avait pédalé à travers la ville la veille) pour quelques heures. En effet, autant sur la carte, tout semble réalisable à pied, autant dans la réalité avec la chaleur, cela devient impensable, les distances étant très longues. Nous partons donc en direction du Kraton, palais du sultan, qui bien que joli ne nous laissera pas un souvenir impérissable. 2 moments drôles quand même : les explications données par Alex à Clément sur la cérémonie de circoncision pratiquée aux alentours des 10/12 ans qui a laissé Clément perplexe et surtout qui lui a coupé (c’est le cas de le dire) toute envie de rester en Indonésie, et le « concert » de gamelan (sorte de xylophone) donné à l’entrée du palais avec un « chœur » où même le pire des chanteurs pourrait passer pour une star tellement c’était faux et dissonant. Nous continuons avec un rapide tour au musée d’artisanat, puis nous nous rendons à la gare pour prendre nos tickets de train pour le surlendemain. A l’arrivée, nous prenons notre ticket n°292, pas de problème, on en est au 212. Ah mais non, en fait, un couple de français qui attend là depuis 2H30 nous explique que c’est à peu près un n° toutes les 10 minutes. Comme il n’est pas question que l’on reste là 3h, nous repartons avec notre becak sans vraiment savoir comment nous allons faire pour prendre nos billets. Après un rapide déjeuner (japonais !…), nous allons au marché aux oiseaux. On était prévenus mais il faut le voir pour le croire : ce genre d’endroit ferait bondir n’importe quel adhérent à la LPO en France ,mais autre pays autres coutumes ! On assiste donc au dépeçage en règle d’une chauve-souris géante, qui était bien vivante avant que la vendeuse ne lui tranche la tête au milieu de l’allée (la soupe de chauve-souris est utilisée pour traiter l’asthme) ou à la vente de poussins multicolores (ils les colorent juste pour le fun…). Nous apprenons également que certains oiseaux minuscules sont vendus des fortunes (car très bon chanteurs et utilisés pour les concours de chants d’oiseaux dont les indonésiens sont friands) et qu’un anaconda de 6 mètres de long ne vaut lui qu’environ 1500€. Comme il faut pouvoir le rapporter en France, nous avons décidé de le laisser là où il était ! Au retour, nous passons dans le restaurant/agence de voyage (Via Via) pour réserver quelques activités pour le surlendemain : un cours de batik pour la famille le matin et un cours de cuisine indonésienne pour Eloïse l’après-midi. Ce sera l’occasion d’apprendre que nous pouvons acheter nos billets de train directement au mini-market à côté de l’hôtel (Indomaret) ce que nous nous empressons de faire, l’opération ne nous prenons finalement que 5 minutes !

Pour notre 3ème jour à Yogya, nous avons loué les services du taxi qui avait fait le transfert aéroport/hôtel pour aller visiter les temples de Borobudur et Prambanan et voir le Mont Mérapi, trois sites incontournables autour de Yogya. C’est finalement un employé du taxi (ou son beau-frère, ou son voisin, on ne saura jamais…) qui arrive à l’heure dite et nous voilà en route pour nos visites des derniers temples que nous devrions visiter en Asie. Le temple de Borobudur est majestueux. Il a été construit sur les flancs d’une colline aux alentours de l’an 800 bien avant les temples d’Angkor. La base est composée de 6 galeries carrées d’inspiration hindouistes surmontées de 3 terrasses circulaires d’inspiration bouddhistes. Selon notre guide, c’est ce qui l’a préservé d’une destruction certaine lors des guerres de religion comme ce qui s’est passé à Angkor. Contrairement aux temples visités en Thaïlande et qui contenaient la majorité du temps une relique de Bouddha, les temples en Indonésie n’en contiennent pas et les stupas au sommet (tombes bouddhistes) contiennent donc toutes une statue de Bouddha. D’après les explications de notre guide, chaque galerie de la base jusqu’au sommet détaille le parcours effectué par Bouddha depuis sa naissance et sa vie terrestre jusqu’à sa vie cosmique (le top étant le nirvana). Nous pouvons surtout observer le travail colossal de restauration effectué par l’UNESCO dans les années 80 et qui a duré plus de 10 ans durant lesquels, chaque pierre a été retirée de son emplacement, nettoyée, restaurée, traitée et remise en place. Des travaux de drainage ont aussi été menés pour que l’écoulement des pluies (diluviennes parfois) soit fait par l’intérieur du temple et non plus via les galeries, ce qui endommageait l’édifice. Notre étape suivante nous mène au Mont Mérapi, volcan encore en activité et considéré comme étant le plus actif et le plus dangereux de Java avec des petites éruptions tous les 2 ou 3 ans et des éruptions plus importantes tous les 10 ans. Au final, nous n’en verrons rien puisque la vue était obstruée par un épais brouillard ce qui n’a pas empêché notre chauffeur de tenter de nous vendre un tour en Jeep. Nous ne nous laissons pas faire et nous voilà repartis vers le temple de Prambanan, d’inspiration hindouiste. Celui-ci nous rappelle les temples birmans vus à Angkor mais en mieux préservé ou rénové… Pas grand-chose à voir mais nous y passons du temps car nous sommes enfin protégés de la chaleur par un léger vent et car nous sommes pris en photo par une famille indonésienne : nous y passons tous les 3, parfois séparément, parfois ensemble, puis ce sont des touristes indiens qui s’y mettent. Nous finissons par retrouver notre chauffeur qui nous ramène à l’hôtel.

Pour notre dernier jour à Yogya, notre activité est bien planifiée : cours de batik le matin et cours de cuisine indonésienne l’après-midi. Ce dernier s’avèrera décevant dans le sens où seule la « prof » a fait la cuisine en nous expliquant ce qu’elle faisait. Seul avantage, Eloïse a récupéré quelques recettes à refaire au retour. Autre point positif, nous savons maintenant à quoi servent les sortes de pétales ressemblant à des hosties vendus sur les marchés, on tentera d’en trouver dans un marché avant de partir !

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Ainsi s’achève notre passage à Yogyakarta, place aux étapes fatigantes et sportives de cette fin de périple asiatique : le mont Bromo et le Kawah Ijen, 2 volcans très célèbres à l’Est de Java.

Quelques prix (1€ = 15 000 roupies) :

  • Entrée temple Borobodur : 230 000 / 115 000 IDR (adulte/enfant). Totalement hors de prix et honteux
  • Entrée temple Prabanan : 207 000 / 103 500 IDR (adulte/enfant). Encore plus honteux vu le temps à y passer.
  • Guide Borobodur : 75 000 IDR pour 1h30 environ
  • Becak pour 6 heures en ville : 70 000 IDR
  • Becak pour une course : entre 5 et 10 000 IDR pour les moins cher
  • Taxi aéroport / Hotel : 70 000 IDR
  • Private car pour Borobodur / Merapi / Pranbanan (10h) : 450 000 IDR
  • Laundry Express 6 kg : 48 000 IDR
  • Entrée au Kraton : 12 500 IDR
  • Entrée au musée d’artisanat : 3 000 IDR
  • Cours de cuisine : Autour de 150 000 IDR pour 4h30
  • Cours de Batik : Autour de 170 000 IDR pour 5h

5 comments to Quelques jours à Yogyakarta

  • Lili

    la vu du poisson a moitié mangé par qui ?? mystere m’aurais bien degoutée !! Pour les chauves souris heureusement pas de photos …. lol ! les poussins les pauvres c’est comme les caniches a certains endroits encore lol ……..Faire un TDM est pas de tout repos a ce que je lis !!!
    Continuez bien Bisous Lili

  • maïa

    Alors les hosties c pour quoi faire???? Bizzz

  • Marine

    Je craque sur les poussins multicolores ! Ils ont la fun attitudes ces gens là. Et puis faire du poussin farci c’est plus marrant comme ça non?
    bises à tous les trois, c’est toujours un régal de vous suivre.

  • Coucou la famille,
    Nous nous retrouvons bien dans vos récit et sommes bien en accord avec vous.
    Pour la négo des taxi il ne faut pas hésiter il y a encore de la marge… Concernant les photos avec les indonéiens c’est pas terminé, surtout à Java ils adorent ça.
    Pour les entrées sur les sites c’est en effet honteux et c’est malheureusement pas terminé avec les autres sites.
    Hâte de lire votre récit sur Bromo et Ijen.
    A très vite …

  • Tonton Charles

    Quel depaysement, les gens semblent accueillants.Bon il est vrai que pour la nourriture….je comprends vos hésitations, mais quand on regarde les autotochnes cela doit être bon pour le regime…Autre point, vous allez être tip top à votre reour pour négocier avec les chauffeurs de taxi parisien…Et j’aime bien le becak aux couleurs de Ferrari

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