Rencontre (tant attendue) avec le mythique mont Bromo

Il existe des endroits dans le monde qui font rêver, et pour lesquels nous sommes prêts à traverser le monde. Des endroits mythiques pour tous ceux qui aiment les paysages grandioses, les espaces désertiques ou encore la randonnée. 10 ans qu’Alexandre attendait ce moment, 10 ans à s’imaginer contempler le lever de soleil sur les volcans aux fumées éternelles, 10 ans à se dire qu’un jour nous aussi nous prendrons nos billets d’avion et irons le voir : voici donc en quelques mots notre épopée vers le fabuleux mont Bromo…

Pour tous ceux qui veulent se rendre là-bas, la première question à se poser est « Comment j’y vais ? » et  la seconde « Combien de temps j’y reste ? ». Si vous êtes pressés par le temps, il existe de nombreux tours tout compris proposés par les agences, combinant sur 3 jours les volcans Bromo et Ijen, en reliant Yogyakarta à Bali (ou dans l’autre sens). En gros cela donne le programme suivant :

  • Jour 1 : Départ de Yogya à 9h. Entre 10 et 14h de mini-bus pour arriver à Cemoro Lawang (entrée du Bromo) entre 20h et 23h
  • Jour 2 : Lever à 3h pour voir le lever du soleil et monter sur le Bromo. Retour à 8h. Départ 9h en mini-bus pour l’Ijen. Arrivée en fin d’après-midi au pied du mont Ijen.
  • Jour 3 : Lever à 1h pour voir les lumières bleues de l’Ijen, retour en début de matinée pour transfert à Bali.

Il est certain que ces tours ne sont pas très chers et permettent de gagner du temps, mais il était pour nous hors de question de passer par là pour les raisons suivantes :

  1. Avec un enfant, ce rythme est impossible à tenir
  2. Les trajets sont très longs et totalement inconfortables
  3. On a le temps et on a envie de prendre le temps!!

Nous avons donc décidé de nous y rendre par nos propres moyens à partir de Yogyakarta, même si cela revient plus cher et demande de combiner différents moyens de transport. Nous avons privilégié le train autant que possible, plus confortable et souvent plus rapide. A ce sujet, sachez que d’acheter les billets de train à la gare de Yogyakarta en journée est un enfer, avec entre 2 et 4 heures d’attente pour accéder au guichet. L’astuce est que vous pouvez acheter les billets en ville dans les « Indomaret », qui sont des minis supermarchés. Vous passez à la caisse (munis de vos passeports), vous dites ce que vous voulez, et en 5 minutes vous avez acheté vos billets !

Le trajet s’est ainsi déroulé ainsi :

  • 4h45 : Réveil et préparation des sacs
  • 5h30 : Taxi pour la gare (15 min) où nous devons récupérer les billets de train (le mini-marché n’édite pas les tickets finaux). Bon tout se fait tellement rapidement que nous sommes vraiment trop en avance et qu’on se dit qu’on aurait pu dormir un peu plus…
  • 6h55 : Départ du train en classe Executive pour Surabaya. Arrivée 4h30 plus tard à la gare principale. Le train est un frigo, heureusement on a pris les pulls (il y a des couvertures à dispo mais c’est payant) !
  • 12h : Taxi pour rejoindre le terminal de bus de Surabaya (35 min)
  • 13h : C’est le bazar total à la gare routière. Départ d’un bus toutes les 20min. Bus pour Probolinggo, arrivée 2h plus tard.
  • 15h30 : Mini-bus pour Cemoro Lawang (1h15). A savoir que le mini-bus ne part qu’une fois plein (15 personnes). On a eu de la chance, car le notre était quasiment plein quand nous sommes arrivés, mais certaines personnes attendaient depuis plus d’1h30…
  • 16h45 : Arrivée dans Cemoro Lawang

Bon à savoir : un train relie Yogyakarta – Probolinggo en classe économie. Il est moins cher mais moins confortable, plutôt très long et il n’y a pas de place réservée dans cette classe.

Arrivés à Cemoro Lawang, Eloïse part à la recherche d’un endroit où dormir puisque la guesthouse où nous avions réservé une chambre (Istana Petani) était en fait à 20km de là, dans un trou, sans personne qui parle anglais, qui ne propose pas d’option pour diner, etc… Bref un plan loose que nous avons de suite abandonné. Nous posons donc nos valises au « Cemara Indah » hôtel le mieux situé car au bord de la falaise surplombant la caldeira du Bromo. Par contre, le ciel est un peu voilé et nous ne verrons pas grand-chose du paysage.

Le lendemain matin, le réveil sonne à 3h du matin. En effet, il faut se lever tôt car nous partons une demi-heure plus tard en Jeep pour aller voir le lever du soleil du haut d’une montagne. Evidemment tout le monde fait ça puisque c’est l’attraction majeure du coin et c’est donc un convoi de Jeep qui remonte la même route en pleine nuit. Nous arrivons 1h plus tard à quelques centaines de mètres du sommet pour terminer le trajet en marchant, éclairés par nos lampes, au milieu de scooters s’agitant dans tous les sens dans l’espoir de monter quelques touristes pour quelques milliers de roupies. Une fois au sommet, il est 4h45 et la configuration est assez simple : soit vous vous asseyez sur un des nombreux bancs à disposition pour patienter tranquillement, soit vous prenez déjà position le long de la barrière et attendez debout que la lumière apparaisse. Après 2 secondes de réflexion, nous décidons de prendre nos places le long de la barrière, car nous sentons bien que sinon nous ne verrons rien. Bien nous en a pris, car dès l’arrivée des premiers rayons du soleil, tout le monde essaie de trouver une place le long de la barrière pour observer les volcans, ce qui est impossible vu le nombre de personnes présentes. A 5h30 le spectacle commence, avec l’arrivée du soleil sur la gauche, sous forme de dégradés de toutes les couleurs. Petit à petit les volcans apparaissent, survolant la brume du matin : le Botok au premier plan, le Bromo et son large cratère fumant à ses côtés, le grand Semaru au loin (fumant lui aussi). La caldeira est magnifique et le spectacle est fantastique, même s’il faut jouer un peu des coudes pour repousser les assaillants qui restaient assis pépères auparavant. Malgré le monde, la vue justifie à elle seule le déplacement jusque-là, même si Clément semble plutôt pressé de partir au lieu de continuer à regarder le panorama (bon, 2 heures debout dans le froid à ne rien faire après un réveil à 3h et 1h de jeep, cela peut se comprendre…).

Il est 6h lorsque nous remontons dans la Jeep pour descendre dans la caldeira et rouler à travers la brume jusqu’au temple hindou, à quelques centaines de mètres du pied du Bromo. A peine arrêtés, nous sommes entourés par une dizaine de personnes et leurs chevaux, désireux de nous transporter jusqu’au volcan pour 125 000 roupies. Ce ne seront que les premiers que nous éconduirons, puisqu’on nous proposera la même chose tout au long de la balade. L’atmosphère brumeuse est assez fabuleuse, quasiment mystique, et nous marchons fascinés vers le célèbre volcan. Bon, il y a tout de même quelque chose qui vient un peu gâcher le spectacle et pour lequel nous n’étions pas préparés : la poussière ! Les chevaux courent dans tous les sens pour attraper des clients et le sol est fait d’un mélange de sable et cendres volatiles, nous sommes donc vite submergés par la poussière remuée et l’air devient parfois irrespirable. Beaucoup de personnes portent des masques, mais la seule solution que nous avons trouvée est de marcher sur des chemins parallèles, et surtout de bien regarder le sens du vent…

Une fois le passage poussiéreux passé, reste le grand escalier à monter, mis en place pour simplifier l’ascension du volcan par les touristes. Il faut dire que les flans du volcan sont également en sable, donc pour descendre c’est bien, mais pour monter ce serait bien compliqué (essayez donc de monter une dune de sable et vous comprendrez à quel point c’est épuisant !)…

Arrivés en haut, le spectacle est de nouveau saisissant : d’un côté la caldeira et un panorama à couper le souffle, de l’autre le cratère fumant du Bromo. Nous sommes sur une crête, Eloïse n’est donc pas dans son élément et Clément a un petit peu peur : heureusement il y a une barrière en béton sur une partie de la crête pour s’appuyer et éviter le sentiment de vertige. Nous regarderons de longues minutes cet incroyable spectacle, avant de redescendre tranquillement, mais toujours dans des nuages de poussière, jusqu’à notre Jeep.

Nous allons ensuite vers Sabanah (la savane), un endroit de la caldeira situé de l’autre côté du volcan. Nous passons d’un paysage lunaire, totalement désertique, à une sorte de prairie très verte. Il faut croire que les flans du volcan n’ont pas tous les même sort ! La vue est sympathique mais pas d’un intérêt majeur non plus, il n’est donc pas indispensable d’y rester indéfiniment. Nous retournons à l’hôtel vers 9h30 pour boire une boisson chaude, prendre une bonne douche et faire une sieste bien méritée.

L’après-midi, Eloïse et Clément restent à l’hôtel pour travailler un peu et se reposer (enfin surtout Clément), pendant qu’Alexandre part rejoindre un autre point de vue, plus bas que celui du matin, mais à 1h de marche seulement. Le paysage est superbe, car le chemin est au bord de la falaise, avec sur la gauche la caldeira éclairée par le soleil couchant, et sur la droite de nombreuses plantations (principalement d’oignons et de choux). Après quelques heures de balade, d’observation du paysage, et de discussion avec un couple rencontré sur le trajet, c’est à la nuit tombée qu’il reviendra sain et sauf, au grand soulagement de Clément qui commençait à s’inquiéter !

Le lendemain, personne n’a eu le courage de se réveiller en pleine nuit pour retourner voir le lever de soleil, Alexandre partira donc seul vers 7h30 et à pied pour refaire l’ascension du Bromo et continuer sur la crête non protégée par la barrière. Alors que tous les tours organisés ont déserté la place, il se retrouve donc quasiment seul sur place, accentuant encore le bonheur d’être dans un endroit si exceptionnel.

En conclusion, nous pouvons dire que le Bromo et ses compères forment un ensemble fantastique et incontournable. Si vous le pouvez, restez plusieurs jours sur place, vous ne le regretterez pas, car outre les volcans la nature alentours est vraiment magnifique et mériterait également d’être visitée. Nous repartons de cet endroit heureux, mais tout de même un peu anxieux quant à notre prochaine étape, pas la plus simple avec un enfant : l’ascension en pleine nuit du Kawah Ijen…

Quelques prix (1€ = 15000 IDR) :

  • Jeep privative pour le lever de soleil, le Bromo et Sabanah : 600 000 IDR (125 000 par personne sinon dans une Jeep de 6 personnes, sans Sabanah et avec moins de liberté au niveau des horaires)
  • Droit d’entrée dans la caldeira : 200 000 / 100 000 IDR (adulte / enfant). Le prix a été multiplié par 3 cette année, sans raison valable, ce qui le rend exorbitant ! Il est cependant bon de savoir que si vous ne faites que vous balader à pied (ce qui est très possible, sauf avec un enfant), vous passez à travers les mailles du filet.
  • Train Jodja – Surabaya en classe Executive : 200 000 / 185 000 IDR (adulte / enfant)
  • Taxi à Surabaya : on a payé 90 000 IDR, ce qui nous semble très cher. On soupçonne le chauffeur de nous avoir fait faire le tour de la ville histoire de faire tourner le compteur mais comme nous n’avions pas de plan et aucune idée du trajet, il a fait ce qu’il voulait…
  • Bus Surabaya – Probolinggo : 27 000 IDR
  • Mini-Van Probolinggo – Cemoro Lawang : 30 000 IDR
  • Private car pour trajet Cemoro Lawang – Probolinggo : 250 000 IDR. Le chauffeur était un guide qui parlait parfaitement anglais et qui semblait vraiment intéressant. Nous avons pris ses coordonnées si certains sont intéressés ! Il peut organiser des tours dans les vallées autour du Bromo, il accompagne aussi sur l’Ijen si besoin.

14 comments to Rencontre (tant attendue) avec le mythique mont Bromo

  • Aurélie

    Bonjour,

    Je tenais à vous dire que votre site est très enrichissant et particulièrement utile. Félicitation ! J’aimerais passer quelques jours à Java en Février prochain et je souhaite visiter l’île en train, est-ce vrai que le billet de train est plus cher dans un Indomaret qu’en gare ? Y a-t-il une autre façon d’obtenir son ticket de réservation ?

    Je vous remercie par avance, bonne journée à vous.

    Aurélie.

    • Bonjour et merci pour votre commentaires.

      De souvenir, ce n’était pas plus cher à l’Indomaret, mais même un peu plus cher on aurait pris tellement c’était impossible de prendre un billet à la gare (désorganisation totale, des heures d’attente). Je crois qu’il est également possible de prendre les billets sur internet, mais nous n’avions pas essayé (surtout que je crois que le site n’était pas traduit ou ne fonctionnait pas bien…).

      Bon voyage !
      Alexandre

  • Dalle Emmanuel

    Bonjour,
    j’aurais voulu connaître l’adresse mail de la personne dont vous parlez qui vous a fait faire le trajet Cemoro Lewang-probolingo.
    MercI

  • Guillaume

    Bravo les amis !
    Vos recits sont captivants et les photos magnifiques !
    Bravo aussi pour les choix de vos étapes.
    Continuez à raconter tout ça car c’est passionant.
    Bises.
    Guillaume

  • maite

    MERCI MERCI c’est magnifique vraiment courageux de faire tout ça lever très tôt les marches à monter merci de nous faire partager ces fabuleux paysages les volcans super
    et bravo encore pour Clément suivre tout cela avec son joli sourire bisous

  • Maïa

    alors comparé aux volcans d’Islande? ca a l’air epoustouflant!! vous êtes bien courageux de vous levez si tôt en tout cas, quand on regarde les photos je ne suis âs sûre d’avoir la même tête à 3h du mat, ni à 8H non plus d’ailleurs! lol

  • Tonton Charles

    Superbes photos, quel sublimes paysages !!

  • Que de souvenirs encore pour nous… je suis d’accordc’est magnifique et ça vaut la peine de prendre le temps… Quand on le peut !!
    A très vite pour IJEN
    Magnifiques photos !

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