Ubud : entre rizières, temples et artisanat

Notre départ de Java se fait une fois de plus aussi simplement que d’habitude : appel d’un taxi par l’hôtel, dépose 15 minutes plus tard à l’embarcadère, achat des billets et embarquement dans la foulée sur le ferry. On passera sur l’état du ferry et surtout sur la musique à fond dans la seule salle où il y a des sièges ou encore sur la bonne idée du « DJ » de nous passer la BO de Titanic (sur un bateau c’est tellement le meilleur endroit !) et 45 minutes plus tard, nous débarquons sur l’île de Bali. Bali dont tant de personnes nous ont parlé, Bali dont juste l’évocation fait rêver : nous y sommes. Pour le moment, pas de paradis en vue, juste quelques chauffeurs de taxi ou « personnes bien intentionnées » qui veulent nous emmener où nous voulons contre quelques billets évidemment. Alex finit par négocier avec l’un d’entre eux et tombe presque d’accord sur un prix quand un trio de français (et/ou francophones) nous aborde. Eux aussi ont besoin d’un transfert sur Ubud. Nous décidons de faire trajet commun, bien sûr le tarif augmente mais au final on paie un peu moins que ce qui avait été décidé initialement. 3 heures plus tard, nous arrivons dans la ville d’Ubud. On retrouve l’effervescence des villes qu’on avait quitté depuis Yogyakarta : des voitures/mobylettes/scooters dans tous les sens, un taxi une fois de plus perdu et ne sachant pas vraiment où nous déposer, de la poussière, du monde… Nous arrivons enfin au Lokasari Hotel et là bonne surprise : nous sommes accueillis par une personne très souriante qui nous donne tout de suite la clé de notre chambre et qui nous propose de d’abord nous poser dans notre chambre, nous nous occuperons des formalités plus tard. C’est une des 1ères fois depuis très longtemps qu’on ne nous a pas demandé de payer avant même d’avoir vu à quoi pouvait ressembler l’hôtel. Nous traversons donc un jardin luxuriant (arbres tropicaux, orchidées, palmiers,…), longeons la piscine et arrivons dans notre chambre. Encore une bonne surprise : non seulement elle est spacieuse, il y a un balcon donnant sur la piscine mais en plus la salle de bain est absolument gigantesque. Compte-tenu de la journée que nous venons de passer, nous décidons de paresser au bord de la piscine voir plonger dedans pour certains. C’est l’occasion pour Clément de se faire des copains : une fratrie d’australiens et les filles d’un des gars qui travaille à l’hôtel.

Le lendemain, nous partons pour notre maintenant traditionnelle « découverte d’une nouvelle ville ». La navette de l’hôtel nous dépose en centre-ville et c’est parti pour des zig-zag toute la journée entre les nombreuses offrandes qui sont déposées sur les trottoirs devant les boutiques. Il y en a partout, parfois l’encens brûle encore et dégage une odeur délicieuse. L’architecture balinaise bien plus jolie que celle sur Java, les entrées des maisons sont la plupart encadrées de statues, les toits sont ornés de décorations. Nous sommes conquis. Ce qui nous plaît moins ce sont les sollicitations incessantes que nous n’avions pas perçues comme aussi nombreuses sur Java ou sur la fin de la Malaisie. Ici c’est tout le temps, les chauffeurs de taxi sont alignés sur les trottoirs et même si vous refusez la proposition du 1er de la file, son voisin fait la même et ainsi de suite. C’est assez pénible mais on fait avec. Lors de la pause déjeuner, nous décidons du programme des journées suivantes : ce sera balade dans les rizières pour le lendemain et journée avec un taxi pour le sur-lendemain histoire de pouvoir explorer les environs un peu moins proches. La journée se termine « tranquillement » autour de la piscine, Clément y ayant retrouvé ses copains d’une semaine.

Le lendemain, nous partons pour une balade au milieu des rizières qui entourent la ville d’Ubud. Le paysage est absolument superbe avec des rizières en paliers pour permettre leur irrigation. De retour sur Ubud, c’est l’heure de déjeuner puis nous enchaînons avec une balade dans la Monkey Forest. Un joli bois qui borde la partie Sud de la ville et qui habité par des centaines de petits (ou moins petits) singes. Ceux-ci sont tellement habitués aux touristes qui les nourrissent de bananes vendues sur place qu’ils n’hésitent pas à sauter sur les gens, ouvrir leurs sacs et prendre ce qu’ils veulent dedans. Malgré tout le bois est très joli et il y a plusieurs ruines de temples avec beaucoup de statues d’animaux en tout genre et nous y passons donc un bon moment. Après cette longue journée de marche, nous sommes contents de rentrer à l’hôtel et ce sera piscine pour toute la famille !

Pour notre 3ème journée à Ubud, nous avons décidé de louer les services d’une private car (=taxi sans compteur). En faisant un rapide calcul, nous nous sommes rendus compte que cela nous coûterait moins cher de louer une voiture à la journée plutôt que prendre un tour à l’office du tourisme. Le programme étant écrit sur le prospectus, il nous a suffi de le montrer au chauffeur pour qu’il suivi la feuille de route. Nous voilà donc partis pour :

  • la visite d’une manufacture d’objets sculptés en bois. On nous explique les différentes essences de bois utilisées, celles qui viennent de Bali, de Java ou d’ailleurs. On nous montre comment sont sculptés puis polis, peints ou cirés les différents objets puis c’est le passage quasi-obligé par la boutique.  Comme nous sommes à la recherche d’un masque typiquement balinais, cela ne nous pose pas de problème. En revanche, ce qui pose problème c’est que tous les prix sont affichés en dollars et sont absolument exorbitants. Alors on comprend bien qu’il y a du boulot et que les objets sont très jolis mais de là à payer les prix affichés, cela ne sera pas possible. Notre « guide » dans la boutique se rend bien compte de la situation et avant même que nous ayons demandé quoi que ce soit, il nous octroie « parce que c’est nous » une magnifique réduction de 40% ! Après quelques négociations, nous repartirons les mains vides. Cela restait bien trop cher pour notre budget sachant que nous allions en plus devoir y rajouter le prix du renvoi en France vu que nous ne pourrons pas rentrer en Australie avec des objets en bois.
  • Notre arrêt suivant nous emmène au temple de Tampak Siring. A l’arrivée, notre chauffeur nous habille de sarongs, tenue traditionnelle indispensable pour entrer dans les temples hindouistes. La visite est agréable bien qu’il y ait beaucoup d’endroits interdits aux visiteurs car réservés pour les prières (en réalité il n’y a personne). Nous pouvons observer les fidèles (ou les touristes) prendre un bain dans la fontaine sacrée.
  • Nous enchaînons avec la visite d’une plantation de café. Nous nous attendions à une exploitation de la taille de celles de thé que nous avions visitées en Malaisie mais pas du tout… Nous traversons un grand jardin avec quelques arbres ou plantes typiques de la région : caféiers, ananas, bananiers, girofliers,  poivriers,… La promenade est suivie d’une dégustation. Les cafés et tisanes qui nous sont proposés sont bons sans plus et nous n’achèterons rien dans la boutique où on nous emmène. Le passage y semble systématique et on reste suivis par la personne qui nous a servi la dégustation, on ne se sent pas vraiment à l’aise même si on est persuadés qu’elle ne comprend pas ce que nous nous disons. En sortant de la boutique, les choses se gâtent un peu car de retour dans la voiture, on sent bien que la bonne humeur de notre chauffeur s’est envolée et qu’il y a un problème. En effet, 2 boutiques, 1 temple, 0 achat : il semble réaliser qu’il n’aura pas de commission grâce à nous et cela semble le rendre très grognon. Malgré notre volonté de crever l’abcès, rien n’y fait et nous continuons notre route en silence.
  • Le 3ème arrêt doit se faire au bord du lac Batur, à côté du volcan Agung. En fait, l’arrêt se fera en bord de route depuis un point de vue qui nous permet seulement de regarder le lac. Pas passionnant car en plus le point de vue n’est pas terrible. De retour dans la voiture, nouveau mouvement d’humeur quand Alex lui dit que c’était bof comme point de vue (quitte à le voir grognon autant qu’il ait une bonne raison). Le chauffeur s’emporte et nous dit qu’on n’a qu’à lui dire quand on veut s’arrêter, ce qu’Alex fait juste 5 minutes plus tard et là réponse du chauffeur : non on peut pas s’arrêter partout non plus ! Bref, l’ambiance n’est pas au beau fixe et ça ne va pas aller en s’améliorant quand il nous dépose dans le restaurant à touristes du coin (alors qu’on avait été très clairs sur ce qu’on souhaitait comme resto). Le menu est à un prix exorbitant et la vue sur les rizières en terrasse ne justifie vraiment pas tout, même si elle est splendide…
  • Notre dernière visite de la journée se passe dans le temple de Besakih. Notre chauffeur semble s’être calmé une fois l’estomac plein car avant d’arriver sur place il nous prévient des pratiques douteuses des soi-disant « guides officiels » qui risquent de prétendre que la visite est impossible sans l’aide d’un guide. Effectivement, nous arrivons au parking et là comme prévu, les « guides » nous emmènent dans leur bureau et nous disent que nous ne pourrons pas visiter sans leur aide. Nous leur disons que nous avons déjà les billets d’entrée et ils deviennent moyennement aimables limite agressifs. Nous partons donc sans leur aide et à l’arrivée devant le temple autre mauvaise surprise. Des « guides » encore moins officiels nous barrent l’entrée et ne nous laisserons rentrer que si nous en prenons un contre billet évidemment. On commence à se demander à quoi servent les billets que nous avons déjà payés si ce n’est juste à rien ! OK pas grave, Alex s’explique puis négocie avec l’un d’entre eux et on finit par le suivre. L’explication officielle serait qu’il s’agit d’un temple donc d’un lieu de prières et certaines parties sont réservées aux fidèles. La raison encore moins officielle d’Eloïse est que visiblement tout le monde a le droit d’instaurer des droits d’entrée où ils veulent et pour n’importe quelle raison… Et ce d’autant plus que les explications du « guide » sont tellement légères que nous n’en retiendrons rien… ! Il ne répondra pas à la moitié de nos questions et s’il répond c’est à côté.

Notre retour à Ubud se fait dans le silence d’une fin de journée bien remplie et notre chauffeur nous quittera dans le centre-ville sans même un au revoir, histoire d’être certain qu’on en garde un bon souvenir…

Quitte à avoir une journée bien remplie, nous décidons le soir d’aller assister à un spectacle de danse balinaise, le « Legong ». Le spectacle est joli, les costumes brillants, mais excepté Clément qui a été emballé (à un tableau près qui lui a fait peur), nous ne pensons pas que nous assisterons à un autre. Nous ne sommes pas vraiment habitués à ce type de musique et c’est un peu répétitif.

Après ce démarrage en trombe, la suite de notre séjour à Ubud sera beaucoup plus reposante entre balades en ville à la recherche de souvenirs, nouvelle promenade dans la Monkey Forest, sauts dans la piscine, massages au spa de l’hôtel et préparation de la suite, sans oublier un saut aux magnifiques rizières en terrasses de Tegalallang !

4 comments to Ubud : entre rizières, temples et artisanat

  • Bonjour à tous,
    Rassurée de vous lire et de constater que vous avez ressenti la même chose que nous dans cette partie de l’ile…
    Néanmoins c’est magnifique et les images valent le coup, dommage que le touriste ne soit qu’un gros billet ambulant !! LOL Biz

  • hello, toujours de belles photos… d’ailleurs comment fait Alex pour mettre le nom du blog « de manière automatique » (j’imagine) sur celles-ci !!!! cela m’intéresse bcp :-) quand vous aurez un peu de temps…
    a+
    boris

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