Une journée sur une île Uros

La Bolivie, c’est terminé, nous passons côté péruvien pour 2 semaines dans le dernier pays de notre voyage. Pour ce faire, nous prenons un premier bus de La Paz à Copacabana (toujours en Bolivie), puis un autre pour arriver à Puno (au Pérou). Le passage de frontière est une nouvelle fois très très long sous un soleil de plomb, sans comprendre vraiment pourquoi, et nous changeons une dernière fois de monnaie, le sole ou plutôt le « nouveau sole péruvien » comme c’est indiqué partout. Le trajet se fait en majeure partie au bord du lac Titicaca, véritable mer intérieure à 3 800 m d’altitude, avec des panoramas vraiment magnifiques.

La ville de Puno n’est pas une destination touristique en elle-même, mais elle est connue pour être le point d’entrée vers les très célèbres îles Uros. Nous constatons également que les péruviens sont bien plus habitués aux touristes que les boliviens, avec des agences de voyage tous les 10 m, des « tourist menu » (qui ne sont qu’une adaptation des classiques menus du jour) dans la plupart des restaurants et beaucoup de péruviens parlent anglais (au final, on s’est tellement habitués à parler espagnol que ce n’était plus un problème mais cela simplifie grandement les choses parfois).

Les îles Uros sont uniques au monde puisque ce sont des îles flottantes totalement artificielles, construites avec le roseau qui pousse en abondance dans cette partie du lac. La plupart des touristes y passent 1 heure avant d’être transférés vers une autre île telle que Taquile, une des îles naturelles du lac. Nous avons pour notre part choisi de passer une journée entière et de dormir sur ces fameuses îles Uros. Ce sera sur l’île Uro Khantati, chez Cristina & Victor, la seule île accueillant les touristes pour y dormir. Attention car aucune agence en ville ne propose apparemment cette possibilité (au grand regret de Victor), c’est donc par le bouche-à-oreille ou le guide Lonely Planet que les touristes comme nous ont connaissance de cet endroit.

Les îles Uros sont un ensemble de 85 îles flottantes, où vivent encore 2 000 personnes réparties en 400 familles. S’y trouvent 6 écoles (dont 1 privée adventiste), et la population est à majorité catholique (4 religions y sont pratiquées en tout : catholique à 80%, protestante, adventiste et animiste). Les îles et la majorité des éléments qui sont posés dessus sont fabriquées à partir de roseau (« totora » en espagnol). La flottabilité est assurée par une base de racine de roseaux épaisse d’un mètre, sur laquelle sont ajoutés environ deux mètres de roseaux, le tout à une durée de vie d’environ 30 ans. Au bout de cette période, l’île est « refabriquée » morceau par morceau. Pour ne pas errer sur le lac, l’île est ancrée sur 8 points, soit par des pics d’eucalyptus (ils ont été importés d’Australie et se plaisent beaucoup sous cette latitude vu leur taille) plantés dans le sol, soit par des ancres lorsque le lac est trop profond (environ 25m). Tous les 3 mois, il est nécessaire de rehausser les maisons car les anciens roseaux se sont écrasés en vieillissant. La maison à rehausser est donc vidée pour être soulevée par plusieurs personnes afin d’y ajouter 1m d’épaisseur de roseaux verts fraîchement coupés. Les activités principales des gens sur les îles Uros sont la pêche, l’artisanat local (broderie, création d’objets en roseau,…), la taille du roseau pour l’entretien de l’île et le tourisme. Régulièrement, ils vont à terre échanger le poisson pêché contre d’autres aliments (légumes, féculents,…) bien qu’il y ait aussi un potager sur l’île (essentiellement dédié à la culture de la pomme de terre qui est séchée après récolte pour l’utiliser en soupe plus tard). Nous avons ainsi pu aller à la pêche avec Victor qui en a profité pour nous expliquer leur mode de vie : à l’origine, les Uros vivaient sur le lac  sur des bateaux de 25-30 m en roseau avec une maison au milieu du bateau puis petit à petit, ils se sont regroupés et « sédentarisés » sur des îles telles que nous les connaissons aujourd’hui.

La vie est extrêmement paisible sur l’île Uros Khantati et nous avons soudainement eu l’impression que le temps avait ralenti. Il faut dire que l’île est minuscule (on peut en faire le tour en 2 minutes), qu’un silence impressionnant y règne et que les activités ne sont pas nombreuses. Heureusement pour nous, Clément s’est instauré dresseur de chat avec le chaton de l’île et cela lui a fait passer le temps !

Après une bonne sieste digestive, Cristina nous a vêtus des tenues traditionnelles (coiffure comprise) : l’occasion pour nous de prendre quelques photos et surtout de nous réchauffer car nous avions été assez ambitieux avec le peu de vêtements emportés et les températures sont vite tombées au coucher du soleil.

Au moment de nous coucher, nous avons eu l’agréable surprise de découvrir des bouillotes dans nos lits. Compte-tenu de la fraîcheur ambiante et de l’absence de chauffage (l’électricité est uniquement solaire donc elle sert exclusivement à l’éclairage la nuit), c’est une attention qui a été fortement appréciée (Clément semble y avoir pris un goût certain d’ailleurs puisqu’il nous en parle quasiment chaque soir depuis !…).

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner copieux, nous quittons presque à regret ce havre de paix pour retrouver la ville de Puno.

Quelques infos / prix (10 SOL = environ 2,8€) :

  • Une journée + une nuit sur l’île Khantati : 180 SOL / pers
  • L’île Khantati est la seule île Uros à accueillir des touristes pour la nuit
  • Pour les contacter : http://www.ultrapop.org/uroskhantati/index.html
  • Bus La Paz – Puno (avec changement de bus à Copacabana) : 35 BOL / pers (prix bolivien)

7 comments to Une journée sur une île Uros

  • patrick pichard

    Bonjour,

    J’ai trouvé votre expérience très intéressante loin des hordes de touristes.
    Nous aimerions y passer 1 nuit avec mon épouse en mai 2017 lors d’un voyage Chili-Bolivie-Pérou. Pensez vous que c’est faisable en arrivant à Puno en fin de matinée et en repartant le lendemain ?
    Nos hôtes viennent -ils nous chercher à Puno.
    Merci à vous
    Patrick & nadine

  • ben

    Merci pour votre article, grâce a lui j’ai découvert cette possibilité de séjour, résultat j’y vais dans 1 mois.
    Est ce que le couple a des enfants?
    Si oui quel âge environ?
    Vivent ils tous ensemble sur cette île?

    Je voudrais ramener petits cadeaux aux enfants…

    Merci pour votre aide
    Delphine

  • David

    Les couleurs des vêtements sont superbes. Ça inspire que énormément de gaieté
    Cela change du noir et gris sur Panam!

  • Les photos sont superbes !!! Et quelle chance d’être rester dormir sur place, une super experience ! Bises des Brousoz

  • Tonton Charles

    Encore de très belles photos qui font ressortir ce qui doit être un grand calme loin des agitations urbaines et avec des couleurs chatoyantes très plaisantes à regarder. J’espère que vous avez pris quelques leçons de confection d’articles utiles avec les roseaux car le bambou ne doit pas trop s’en éloigné, et je suis sur qu’il vous attends…. Et Clément, as tu péché avec Victor ?? Si oui tu pourras me montrer, je crois voir que tu lui indiques une belle prise….

  • maite

    alors là j’aurai aimer passer un bon moment dans ce havre de paix comme c’est beau . L’ habit local vous vont à ravir j’adore , Cristina & Victor sont de belles personnes . Clément as tu ramené ton copain the cat . aller profiter encore des derniers jours de votre super hyper beau tours du monde à bientôt et un grand bravo pour vos reportages et photos j’ai bien voyagé avec vous . Et mon Clément tu as été un grand globetrotteur BRAVO gros bisous à vous trois ;)

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